Présenté par Gilles VULLIEN

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SOMMAIRE

  1. Qu’est-ce qu’un plant de vigne ?………………………………………………. 3
  2. Pourquoi faut-il greffer les plants ?…………………………………………… 3
  3. La production de porte-greffes de vignes-mères de greffons pour l’élaboration de

plants de vignes. …………………………………………………………………………  4

  • La sélection …………………………………………………………………………………………. 4
  • La taille des bois………………………………………………………………………………….. 4
  • Les vignes-mères de greffons………………………………………………………………. 5
  • Le greffage sur table selon la méthode habituelle. ……………………………….. 6
  • Le paraffinage…………………………………………………………………………………….. 6
  • La plantation………………………………………………………………………………………. 6
  • La rentrée des plants…………………………………………………………………………… 7
  • Le conditionnement…………………………………………………………………………….. 7
  • La circulation………………………………………………………………………………………. 7
  1. Qu’est-ce qu’un plant de vigne ?

La vigne est une plante sarmenteuse, vivace, et qui peut demeurer en place plusieurs dizaines d’années.

Un plant de vigne est la plante à son état jeune, qui va être plantée au printemps pour la production de vignes à raisins. Ces plants atteindront l’âge adulte au bout de quelques années et donneront des raisins de table ou raisins pour l’élaboration de vins.

La nature et l’histoire ont doté la France d’un assortiment variétal parmi les plus riches du monde. La réputation de nos vins des plus prestigieux est le fruit de nos cépages traditionnels cultivés dans des terroirs d’exception.

  1. Pourquoi faut-il greffer les plants ?

Vers le milieu du 19° siècle la France voit ces vignobles attaqués par une nouvelle maladie, le phylloxéra. Importée de vignes américaines, cette maladie est dû à un insecte qui, en piquant les racines, provoque la destruction du système radiculaire et cause la mortalité des souches.

Le phylloxéra envahit la totalité du vignoble français et provoque sa destruction.

Pour éradiquer ce fléau, il ne restait plus qu’à greffer nos cépages français sur des porte-greffes américains.

La nécessité absolue de ce greffage imposé a permis à toute la filière de multiplication, la mise en place d’une technique de greffage précise aux prescriptions réglementaires.

Il est devenu capital pour la viticulture française de produire des vignes-mères destinées à la production de bois de porte-greffes et de greffons. Les pépiniéristes ont ainsi transformé leur méthode de production de plants de vignes.

Deux activités exercées par les pépiniéristes-viticulteurs.

3. La production de porte-greffes de vignes-mères de greffons pour l’élaboration de plants de vignes.

1) La sélection

Tout d’abord, l’emplacement du choix du terrain n’est pas laissé de toute liberté au

producteur. Des prescriptions réglementaires sont prévues par un arrêté et décret relatif à la plantation des vignes-mères de porte-greffes.

Les conditions à respecter :

  1. Dans des terrains n’ayant jamais porté de vigne.
  2. Dans des terrains qui n’ont jamais été plantés en vigne ou avoir subi un repos du sol de plusieurs années et n’ont été consacrées à d’autres cultures.

Cette réglementation est destinée à limiter du mieux la propagation de la dégénérescence infectieuse et éviter les risques de contamination par les viroses.

La plantation de vignes-mères de porte-greffes ne donne pas de fruits, leur culture diffère de celle de vignes-mères de greffons à raisins.

La sélection de ces porte-greffes s’est donc orientée vers une hybridation de ces variétés, entre elles ou avec les cépages de vitis-vinifera, pour essayer d’améliorer leurs défauts.

Grace à cela, nous sommes arrivés à obtenir les variétés dont les meilleures sont inscrites au catalogue national. Elles sont adaptées à toutes les situations.

2) La taille des bois

La taille des bois consiste à couper tous les sarments autour de la souche pieds-mères. Une fois détachés ils sont ensuite assemblés en fagots car ils font plusieurs mètres de long et risquent de s’enchevêtrer.

Certaine variétés ont de nombreuses vrilles et d’entre cœurs ce qui rend le travail plus compliqué.

Une fois conditionnés, les bois sont chargés en véhicule et transportés en atelier de débouturage qui est encore appelé «chicotage». Débités d’une longueur de 1.05 mètre minimum, ces bois seront ensuite utilisés pour le greffage sur table.

Chaque bouture doit être « talonnée » c’est-a-dire coupée à environ deux cm de l’œil inférieur. C’est pour cette raison que les yeux et la longueur des mérithalles varient suivant leurs positions entre 1.05 et 1.15 mètres. Le diamètre des boutures doit respecter un cahier des charges (entre 6 et 12 millimètres). Les boutures greffables sont mises en paquets de 200. Opération réalisée entre les mois de décembre et mars.

Tous les paquets sont étiquetés avec une étiquette de certification afin de conserver la traçabilité et connaitre la variété et le clone aux conditions fixées à cet effet.

Pour le greffage, les bois subissent un éborgnage. Cela consiste à enlever tous les yeux du porte-greffe. Ils sont ensuite coupés en longueur de 22 à 30 cm suivant les régions viticoles. Cette opération à lieu entre les mois de février et mars.

3) Les vignes-mères de greffons

Les greffons proviennent de vignes-mères de greffons dite : « matériel de base ». Elles sont plantées sur des terres qui n’ont jamais portées de vigne.

Les pépiniéristes récupèrent les sarments chez les viticulteurs qui ont mis à disposition des parcelles de vignes admises au contrôle sur la pureté variétale.

Mis en paquets de cent ou deux cents sarments, ils sont transportés à l’atelier ou ils subissent tout d’abord un nettoyage de toutes les vrilles et entre cœurs. Ce travail s’exécute manuellement, au sécateur, en enlevant ces entre cœurs et éventuellement les pédoncules de grappes, nés à l’aisselle des bourgeons, sans détériorer ces derniers.

Ce sarment bien nettoyé est coupé en greffons à chaque œil d’environ 1 à 2 cm. Chaque greffon comprend un œil avec au dessus un morceau de mérithalle de quelques centimètres.

Une fois que les porte-greffes et greffons sont préparés, ils sont trempés dans un bain d’eau et un antibrotrytis pour éviter le développement de champignons avant la stratification.

4).Le greffage sur table selon la méthode habituelle.

 

Une fois les porte-greffes et les greffons préparés comme nous venons de le voir plus haut, le greffage peut se faire.

Il s’effectue à la machine à greffer. Le processus est de prendre un porte-greffe dans sa main gauche et de choisir un greffon de même diamètre dans l’autre main.

Placer cet assemblage dans les mâchoires de la machine qui est actionné manuellement ou à l’air comprimé. Cette action permet de les emboiter l’un dans l’autre. Dans une grande majorité des cas c’est la greffe OMEGA qui est utilisée chez le pépiniériste.

5).Le paraffinage

Sitôt les greffes-boutures greffées, elles sont trempées dans un bain de paraffine fondue sur

quelques centimètres en dessous de la greffe. Cela pour améliorer la soudure.

Après le paraffinage les greffes-boutures sont mises en caisses garnies de sciure mouillée.

Dès que la phase greffage est terminée, nous passons à la phase de stratification. Les caisses sont entreposées dans un local encore appelé « chambre chaude » sur plusieurs niveaux pour une durée de dix à quinze jours. La température doit-être entre 24 et 28°c et l’hydrométrie d’environ 80 à 90%. Cela pour un bon déroulement des tissus de soudure entre le porte-greffe et le greffon dit cambium, bien connu dans la pratique du greffage. Ce déroulement donne naissance au débourrement de l’œil du greffon.

 6).La plantation

Début mai, une fois les risques de gelées printanières écartées, les plants sont sortis de la chambre chaude et trempés de nouveau dans la cire pour protéger la greffe et la petite pousse herbacée de quelques millimètres des intempéries climatiques.

Les plants sont ensuite mis en terre sur des parcelles n’ayant eu aucune plantation de vignes-mères de porte-greffes et de greffons depuis plusieurs années. Les travaux de plantation au champ sont effectués par un paillage plastique noir perforé où sont alignés parallèlement les plants. Ils sont plantés sur une terre meuble et légère. Sur un hectare nous avons entre 250000 et 300000 de greffés-soudés.

Tout au long de la saison, les plants sont rognés (taillés) à une trentaine de centimètres de haut et sont traités contre les maladies cryptogamiques ainsi que des parasites de quarantaine, ennemis des pépinières viticoles.

7) La rentrée des plants

Après les premières gelées et à la chute des feuilles, les plants produits sur la pépinière sont arrachés. Le gel ayant arrêté la circulation de la sève met le greffé-soudé en repos végétatif. Pour arracher les plants, un tracteur équipé d’une charrue les soulève. Ils sont ensuite récupérés manuellement et mis en fagots. Amenés en atelier, les plants subissent un triage en détail selon des normes définies par un cahier des charges bien précis. (Racines répartis autour du mérithalle et une soudure solide).

8).Le conditionnement

Les plants sont ensuite triés et conditionnés en paquets de 25 plants greffés-soudés. Ils sont liés au moyen d’un feuillard à mi hauteur du porte-greffe.

Tous paquets ou emballages qui referment des plants de vignes doivent être étiquetés pour la traçabilité. Sur celles-ci sont notés : la raison sociale du vendeur avec sa carte professionnelle, le nom du cépage et son numéro de clone, le nom du porte-greffe et son numéro de clone.

Les paquets de plants conditionnés ainsi sont entreposés en chambre froide jusqu’à la livraison pour le jour de plantation. Ces plants de vignes sont livrés aux viticulteurs français et dans de grands vignobles mondiaux.

9).La circulation

Indiquons, pour terminer que lorsqu’ils circulent, les plants de vigne doivent toujours être accompagnés d’un bulletin de transport et d’un passeport phytosanitaire, ceci depuis le champ de production jusqu’à la destination finale.

Ce dispositif assure aux viticulteurs un plant greffé-soudé d’une qualité agronomique et une sélection clonale conforme à la réglementation des bois et plants de vigne.

Ces plants, produiront quelques années plus tard, dans un vignoble, du raisin pour l’élaboration de vin que nous retrouverons sur nos tables.